Découverte: le dernier manga de Taniguchi

Il y a quelques semaines j’ai découvert sur le site de Animeland (et puis dans un article du #217) qu’un dernier manga de Jir? Taniguchi devait paraître à la fin de septembre (disponible ici probablement à la fin octobre). Il s’agit d’un projet que Taniguchi produisait pour l’éditeur Rue de Sèvres et qui devait paraître simultanément en France et au Japon. Le projet était inachevé lors de son décès en février (l’histoire devait comporter au moins cinq volumes) mais l’éditeur à tout de même décidé de le publier, agrémenté du storyboard du reste de l’histoire, d’illustrations, d’un interview avec son éditeur japonais et de tout un dossier éditorial en hommage à l’auteur.

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Weekly notable news (w17-19)

Another few weeks have passed quickly without anything significant happening: More crazy weeks at works and rainy week-ends where I don’t feel I accomplished anything. I am tired and really need a longer vacation. Next week I’ll start a ten-day holiday where I’ll be able to rest (sleep late!), catch up on stuff (writing, work around the house), travel around (Ottawa’s Tulip’s festival, Quebec City, botanical garden, museums, the libraries book sale, bury my mother’s ashes, etc.) and, above all, completely forget about work for a while. Or so I thought!

In hope for greener pastures, I have applied for a new library job (more responsibilities, further from home, but a greater challenge for my skills and a much better salary). However, after a lengthy processus, they scheduled an interview right in the middle of my vacation and at nine o’clock on the morning of my BIRTHDAY! Not only they made me filled a psychological test online (it’s called “an inventory of personality” and it will probably reveal that I am a total psycho) but they didn’t even bother to reply when I asked if it was possible to reschedule, so I’ll do my best to be there and we’ll see. Que sera, sera.

The weather has really been lousy lately. May is supposed to be the nicest month of all (and not only because it’s my birthday). Overall, it has been cold and rainy. It even snowed a little last week. In may! Hopefully, it will not portend that the summer will be likewise, and it will soon improve (at least for my vacations, please!).

Something strange happened at the beginning of the month: out of the blue, one late afternoon, I started to smell a vague odour of gazoline in the basement. It didn’t come from the obvious source, the garage. Usually, such smell comes from the sewage (through a dried P-trap) or from a dead animal but, in this case, it seemed to come from the pit of the water-pipe entry. I called the city and was told not to worry, it was “probably” not toxic and might have come from some work on the pipes in the neighbourhood (I couldn’t locate any nearby). I cracked open a window and the next morning it was gone. I never knew what it was.

The unlucky streak didn’t stop there. Not only I broke a piece of tooth while eating a granola bar during my lunch break at work (and I am still waiting for the dentist to find some spare time for an appointment), but I also discovered that the damage to the rear balcony of the house is more extensive than I first thought. The supporting posts are not planted deep enough (they rest on concrete supports that are just on the surface while they should be in soil deep enough so it never freezes in winter — who are the morons who built this house?!) so the ground expansion due to the freezing is slowly ripping the balcony off the house. So much that it has now become worrisome. We will have to do the repairs sooner than expected and it will probably be quite costly! What an exciting boring life!

Again, I must remind myself not to let the outside world rattle my core. Carpe diem, my boy, carpe diem!

Finally, I managed to stay acquainted with some of the affairs of the world and gathered notable news & links of interest — which I share with you (in both french or english, and organized into a few basic categories), after the jump.

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Décès de Jirô Taniguchi

C’est avec grande consternation que j’ai appris cet après-midi, via Facebook, le décès d’un des mangaka que je respectais le plus: Jirô Taniguchi est décédé samedi à l’âge de 69 ans! La cause du décès n’a pas été précisé. Il nous manquera terriblement. Toutes mes condoléances à sa famille, ses proches ainsi qu’à ses nombreux admirateurs qui, particulièrement en Europe, ont découvert et grandement apprécié la qualité de son travail. Requiesce in pace, mi magister!

[Sources: ANN, AnimeLand, Le Figaro, Le Monde, Variety, Yahoo]

Voir aussi: Google et The Manga Critic’s Guide to Jiro Taniguchi.

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Ice Age chronicle of the earth, vol. 1 & 2

Vol. 1: “Dans le futur, tandis que l’humanité tente tant bien que mal de survivre aux conséquences d’un nouvel âge glaciaire, Takéru va devoir se lancer dans une odyssée afin de sauver ses compagnons. À son bras, un bracelet sacré en argent, seul souvenir qui lui reste de sa mère…”

“Saura-t-il faire face à son destin ?”

Vol. 2: “Dans le futur, alors que la fin de l’âge glaciaire se fait sentir, tous les êtres vivants se lancent dans une nouvelle course à l’évolution. Guidé par un Medishin, un Dieu bleu, Takéru devra affronter la Grande Mère pour résoudre le mystère A-D-O-L-F… Le destin de l’humanité pourrait en dépendre…”

Découvrez ce diptyque mythique et visionnaire signé Jirô Taniguchi !

(Texte du site de l'éditeur: Vol. 1 & Vol. 2; voir les couvertures arrières: Vol. 1 & Vol. 2)

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ATTENTION: Peut contenir des traces de “spoilers” (a.k.a. divulgacheurs)! Les personnes allergiques à toutes discussions d'une intrigue avant d'en avoir eux-même prit connaissance sont vivement conseillé de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et devraient éviter de lire plus loin.

Comme je l'ai déjà dit quand j'ai découvert ce manga, les éditeurs de français (dans ce cas-ci Kana) continue à nous sortir des vieux Taniguchi qui date de l'époque où il faisait plus dans le récit d'action que dans le contemplatif. Et nous en sommes fort heureux!

Ice Age Chronicle of the Earth (?????? / Chiky? hy?kai-ji-ki) a d'abord été publié en feuilleton dans le magazine Morning de Kôdansha en 1987-88 avant d'être compiler en volumes chez Futabasha. Dans les années '80, Taniguchi écrivait surtout des récits d'action comme Trouble Is My Business, Enemigo ou Garôden, ou des récits qui mettaient en scène la nature et les grands espaces tels que Blanco, K ou Encyclopédie des animaux de la préhistoire. Ice Age Chronicle of the Earth s'inscrit bien dans ces thématiques. Et, si l'on se fit à la bande de couverture de l'édition française ainsi qu'au style de Taniguchi pour ce diptyque visionnaire, c'est une époque où il devait sans doute lire et s'inspirer du magazine français Métal Hurlant

Dans un futur lointain, la Terre est entièrement soumise aux conditions d'un âge glaciaire: la 8e glaciation (glaciation de Murtok). Situé sur Nunatak, une île de l'Arctique, le site minier de Tarpa est exploité par la Régie pour le Développment des Ressources Shivr. Le fils rebel du président de la compagnie, Takéru, y a été exilé afin de le rendre plus mature. Lors d'un accident causé par de l'équipement vieillissant, le directeur de la mine est gravement blessé. Avant de mourir, il remet à Takéru une boite qui contient le bracelet sacré de sa défunte mère et un message de son père qui l'averti que des changements climatiques sans précédents sont sur le point de se produire. Takéru est nommé le nouveau directeur, mais il s'en fout. Toutefois, le cargo qui devait amené le ravitaillement et évacuer la plupart des travailleurs pour le dur hiver arctique est détruit lors d'une attaque de pirate. Un groupe de travailleurs décident d'évacuer quand même dans des navettes de secours mais ils crashent dès qu'ils sont sorti du puit de la mine à cause des vents violents. [ci-contre: p. 33]

Takéru organise une mission de sauvetage mais tout les passagers des navettes sont mort de froid sauf un, qui restera gravement handicapé. Et l'un des sauveteurs meurt dans un accident. Tarpa est maintenant coupé du reste du monde, sans ravitaillement. Takéru escalade donc à nouveau la paroi du puit de la mine afin d'aller investiguer ce qui arrive à la planète et ramener des secours. Mais le monde extérieur est un environnement glacial et hostile, peuplé d'insectes, de baleines et d'ours géants! Et ce ne sera pas les seules surprises: Takeru entrevoit dans une crevasse, le sarcophage d'un géant bleu! Grâce à une caravane de chameaux des glaces, ils échappent aux tournades et autres dangers de l'Inlandsis, et parviennent à un village. Là, une vieille chamane révèle à Takeru la prophétie: les Medishin, dieux géants bleus qui étaient venu les avertir de la longue saison de glace, se réveilleront pour les guider dans une nouvelle ère. Car “la Terre qui dormait sous la glace depuis des centaines de générations a commencé à ouvrir les yeux. Bientôt… Les montagnes, les forêts, les rivières se mettront en colère…” Les événements sont déjà en marche dans le sud. C'est là que Takéru doit se rendre !

Extraits des pages 15, 21 et 204 du premier volume

Takéru et son petit groupe tente de rejoindre la capitale, Abyss. Ils atteignent d'abord le dépôt logistique de surface Earliss II, où ils trouvent quelques survivants et un vieux cargo de transport aérien. L'ordinateur de la base confirme leur craintes: l'axe de rotation de la planète à changé, il y a une activité volcanique accrue, une hausse de gaz carbonique, un réchauffement de la température et donc une rapide fonte des glace. La période glaciaire est terminée! Les cendres d'une éruption volcanique endommagent les moteurs du cargo qui crash dans une gigantesque forêt vivante et carnivore! Ils continue leur voyage sur une rivière à l'aide d'un radeau de fortune, puis monte à bord d'un prospecteur robotisé. Ils apprennent que la capitale est inondée, envahit par la forêt, en ruine. L'océan végétal ne tarde pas à attaqué aussi leur véhicule, à l'aide d'une sève acide. Takéru ressent la conscience collective d'un arbre géant. Il se souviens avec horreur des êtres sans racines. Mais le dieu bleu apparait et calme l'arbre… Il révèle à Takéru que lui aussi a le pouvoir de communiquer avec la conscience de la planète.

En chemin vers Abyss, Takéru rencontre un transport de troupe écrasé avec de nombreux survivants, qui sont tous des enfants qui avaient été évacués en premiers. Toutes créatures vivantes, végétales ou animales, évoluent à un rythme fou, créant de nouveaux germes mortels. La forêt les attaque à nouveau, plein de haine contre l'humain mais Takéru réussi à la calmer. Pendant ce temps à Abyss, l'ordinateur central est devenu fou et se prend pour dieu, l'architecte d'un nouveau monde. Prenant exemple sur la nature, il utilise sa super-technologie pour créer une nouvelle race d'humain: A.D.O.L.F. (Acides aminés Dieldrine Opéron Ligand Flux cytométrique). Un nouvel ennemi qui tente d'éliminer l'humanité superflue. Mais en s'alliant avec la forêt, Takeru vaincra. Se sera l'aube d'une nouvelle ère où l'humanité, avec une conscience étendue, pourra cohabiter avec la nature…

Extraits des pages 13, 57 et 201 du second volume

Ice Age Chronicle of the Earth (sans blague, l'éditeur ne pouvait pas trouver un titre en français?), offre une bonne histoire de science-fiction cataclysmique, quoique un peu précipité vers la fin. Le style artistique du early-Taniguchi est bien (pas aussi bon que ses oeuvres plus récentes, bien sûr) mais souvent très inégal (on sent les délais de production liés à la prépublication en série dans les magazines!). J'ai aussi déjà noté plus haut qu'il me semblait discerner dans cette oeuvre de Taniguchi l'influence de la BD française de la bonne époque de Métal Hurlant (Moebius, Druillet) mais dans le second volume il me semble possiblement entrevoir dans les scènes cataclysmiques aussi quelques influences du Akira (1982-90) d'Otomo et du Nausicäa (1982-94) de Miyazaki

Dans l'ensemble c'est une très bonne lecture. Une sorte de fable écologique qui est toujours d'actualité. Ce n'est pas parfait mais, avec Taniguchi, un manga ne peut être qu'agréable. À lire.

Ice Age chronicle of the earth vol. 1 & 2, par Jirô TANIGUCHI. Paris: Dargaud (collection Kana: Made In), mai et septembre 2015. 272 & 224 pgs, 16.3 x 23.2 x 2 cm, 18.00 € / $31.95 Ca, ISBN: 9782505063643 & 9782505063650. Recommandé pour public adolescent (14+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

Ice Age chronicle of the earth © 2002 Jirô TANIGUCHI. Édition française © 2015 Kana (Dargaud-Lombard s.a.).

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Découverte: de sérieux manga

Cette semaine, je suis sorti en ville pour visiter un musée et j'en ai profité pour bouquiner un peu. J'ai été surpris de faire quelques découvertes: une perle rare du Lézard Noir, un autre Taniguchi (eh oui!), des manga qui n'en sont pas et un nouveau tome de Versailles no bara.

Pour en savoir plus, jetez un coup d'oeil après le saut de page >>

Gekiga Fanatics

“Osaka, fin des années 1950. De jeunes mangakas vont participer à la création d’un genre nouveau qui révolutionnera la bande dessinée japonaise : le gekiga. En partie autobiographique, Gekiga Fanatics se concentre sur trois mangakas encore inconnus à l’époque : Yoshihiro TatsumiL’Enfer, Une vie dans les marges (Cornélius), Takao SaitôGolgo 13 (Glénat), ainsi que l’auteur lui-même, Masahiko Matsumoto – La Fille du bureau de tabac (Cambourakis). Extrêmement documenté, le livre décrit avec justesse et précision les doutes et les difficultés qu’affrontent de jeunes auteurs exigeants et passionnés, qui refuseront toujours de renoncer à leurs rêves.”

(Texte du site de l'éditeur; voir aussi la couverture arrière)

Ce manga me rappelle beaucoup Une vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi (publié chez Cornélius et dont j'ai commenté la version anglaise, A drifting life, publié par Drawn & Quarterly). Dans les deux cas, il s'agit de manga autobiographiques qui parlent de l'après-guerre, de la carrière de mangaka de l'auteur et de la naissance du manga comme on le connait aujourd'hui. Tant Tatsumi que Matsumoto, faisaient partie (avec entre autres Shigeru Mizuki et Osamu Tezuka) de cette première génération de mangaka pionniers qui dessinaient des histoires plutôt sérieuses dans un style un peu brouillon et parfois même caricatural. Mais Tatsumi et Matsumoto faisaient partie d'un groupe qui écrivait du Gekiga (“dessin dramatique”) caractérisé par des histoires plus sombres et avec plus d'action que le manga typique (qui offrait généralement des récit plus léger et un style plus caricatural) et visaient donc un lectorat plus âgé, plus mature. Ils s'inspiraient de la vie de tout les jours et traitaient de thèmes réalistes plus en phase avec les problèmes socio-politiques de l'époque. Pour bien exprimer ce genre de récit complexe, ils utilisaient des techniques artistiques plus cinématique qui permettaient de mieux rythmer la narration pour que l'action coule plus naturellement à travers les cases. [image ci-haut: Tatsumi Yoshihiro, Saito Takao et Matsumoto Masahiko]

Gekiga Fanatics (??????!! / Gekiga bakatachi !!) a d'abord été publié en feuilleton dans le magazine Big Comic Zôkan de Shôgakukan en 1979 avant d'être compilé en volumes chez Seirink?geisha. Il a été traduit et publié en français chez Le Lézard Noir.

Nous sommes très chanceux d'avoir des éditeurs français comme Cornélius ou le Lézard Noir qui n'hésitent aucunement à publier ces oeuvres plus anciennes, parfois plus difficile d'approche et donc moins populaire. Du côté anglophone, jusqu'à récemment, il n'y avait que Drawn & Quarterly et Vertical qui s'y était risqué mais maintenant d'autres éditeurs tâtent le terrain avec des titres comme The Rose of Versailles de Riyoko Ikeda chez Udon Entertainment, Queen Emeraldas de Leiji Matsumoto chez Kodansha Comics, Otherworld Barbara par Moto Hagio chez Fantagraphics Books ou même le colossal The Osamu Tezuka Story: A Life in Anime and Manga par Toshio Ban chez Stone Bridge Press.

Dans une langue comme dans l'autre, même si le graphisme est un peu moins plaisant ou que l'histoire représente une lecture un peu plus exigeante, il n'en demeure pas moins que ce sont des classiques de la littérature graphique japonaise que tout amateur se doit d'avoir lu.


Gekiga Fanatics, par Masahiko Matsumoto (Traduction par Miyako Slocombe). Le Lézard Noir, novembre 2013. 328 pg., 24,00 € / $42.95 Can. ISBN: 978-2-35348-0494. Recommandé pour public jeune adulte (14+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

Ice Age chronicle of the earth, vol. 1 & 2

“Dans le futur, tandis que l’humanité tente tant bien que mal de survivre aux conséquences d’un nouvel âge glaciaire, Takéru va devoir se lancer dans une odyssée afin de sauver ses compagnons. A son bras, un bracelet sacré en argent, seul souvenir qui lui reste de sa mère…”

“Saura-t-il faire face à son destin ?”

(Texte du site de l'éditeur)

Les éditeurs de manga français (dans ce cas-ci Kana) continue à nous sortir des vieux Taniguchi qui date de l'époque où il faisait plus dans le récit d'action que dans le contemplatif. Et nous en sommes fort heureux!

Ice Age Chronicle of the Earth (?????? / Chiky? hy?kai-ji-ki) a d'abord été publié en feuilleton dans le magazine Morning de Kôdansha en 1987-88 avant d'être compiler en volumes chez Futabasha. Dans les années '80, Taniguchi écrivait surtout des récits d'action comme Trouble Is My Business, Enemigo ou Garôden, ou des récits qui mettaient en scène la nature et les grands espaces tels que Blanco, K ou Encyclopédie des animaux de la préhistoire. Ice Age Chronicle of the Earth s'inscrit bien dans ces thématiques. Et, si l'on se fit à la bande de couverture de l'édition française ainsi qu'au style de Taniguchi pour ce diptyque visionnaire, c'est une époque où il devait lire et s'inspirer du magazine français Métal Hurlant


En tout cas j'ai bien hâte de lire ce manga. Ce sera délicieux!

Ice Age chronicle of the earth vol. 1 & 2, par Jirô TANIGUCHI. Paris: Dargaud (collection Kana: Made In), mai et septembre 2015. 272 & 224 pgs, 16.3 x 23.2 x 2 cm, 18.00 € / $31.95 Ca, ISBN: 9782505063643 & 9782505063650. Recommandé pour public adolescent (14+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

Manga Classics: Great Expectations

“Great Expectations has it all: romance, mystery, comedy, and unforgettable characters woven through a gripping rags-to-riches tale. Naive Pip, creepy Miss Faversham, beautifully cold Estella, terrifying Abel Magwitch, and the rest of Dicken’s fantastic cast are perfectly envisioned in this new adaptation in this 300-plus page volume featuring artwork by artist Nokman Poon.”

“Manga Classics editions feature classic stories, faithfully adapted and illustrated in manga style, and available in both hardcover and softcover editions. Proudly presented by UDON Entertainment and Morpheus Publishing.”

(Text from the publisher's website)

When I first noticed this book while browsing at the bookstore I thought “Great! Another interesting manga classics adaptation!” but I soon realized that it was no manga at all! A manga is a comics by a Japanese artist while this one is produced by a Canadian artist (of asian origin). I think I mentioned before this collection of manga classics from Udon Enterainment. They have many interesting adaptations such as Jane Austen's Emma, Victor Hugo's Les Miserables, Jane Austen's Pride and Prejudice, or Nathaniel Hawthorne's The scarlet letter. But none of them is really manga. Too bad. However, it might still be worth a look.

Great Expectations, original story by Charles Dickens, adaptation by Crystal Silvermoon, and illustrations by Nokman Poon. Richmond Hill: Udon Entertainment (collection Manga Classics), mai 2015. 308 pg, 6 x 8.5", B&W, Softcover, $19.99 US / $26.50 Cnd, ISBN: 978-1927925317. Recommandé pour public jeune (7+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

Musashi

“Minamoto Musashi (1584-1645), le samouraï légendaire, est connu dans le monde entier comme un grand maître de sabre, un chercheur spirituel, et l'auteur du classique Le livre des Cinq Roues.”

“Cette version graphique nous raconte sa vie étonnante. C’est à la fois un récit vivant d'une période fascinante dans le Japon féodal et le portrait d’un courageux samouraï qui a combattu avec les idées philosophiques et spirituelles qui sont aussi pertinentes aujourd'hui qu'elles l'étaient en son temps.”

“Plus de 350 ans après sa mort, Musashi nous fascine toujours. À partir d’authentiques sources japonaises, William Scott Wilson, brosse un portrait inoubliable de cet illustre personnage historique.”

(Texte du site de l'éditeur; voir aussi la couverture arrière)


Bon encore une fois, est-ce que cette bande-dessinée est du manga ou pas? L'auteur est écossais (mais vivant au japon) et l'artiste est japonaise. Je crois qu'à la rigueur on peut considérer ça comme du manga. A noter qu'il s'agit ici d'un nouveau petit éditeur, qui semble spécialisé en arts martiaux. Cela m'a accroché l'oeil à la librairie mais ce n'est peut-être pas d'un grand intérêt. À voir par curiosité peut-être…

Musashi, scénarisé par Sean Michael Wilson et illustré par Michiru Morikawa. Noisy sur Ecole: Budo, août 2015. 176 pgs, 15 x 21 cm, 12.95 € / $17.95 Can, ISBN: 978-2-84617-363-6. Recommandé pour public adolescent (12+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

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J'ai déjà mentionné en mars les fameux Rose of Versailles Episodes. Riyoko Ikeda avait déjà tenté de faire des suite à son chef d'oeuvre Versailles no bara avec les Rose of Versailles Side-Stories que l'éditeur Kana avait inclus dans le troisième tome de l'édition française. Toutefois, quarante ans plus tard, alors qu'elle reprend sa carrière de mangaka, elle se remet sur une véritable suite composée d'histoire courtes qui sont chacune centrée autour d'un personnage secondaire différent. Les épisodes sont sérialisé dans Margaret, le magazine hebdomadaire shojo de Shueisha. Une première compilation est paru en août 2014 rassemblant les quatre premières histoires. Ce volume, faisant véritablement suite à la série de dix tomes, a été numéroté le volume onze.

En cherchant à commander le volume onze pour l'anniversaire de mon épouse, j'ai eu la surprise de constater qu'un douzième volume était paru en juillet. Il va sans dire que je l'ai également commandé. Hélas mon japonais n'est pas assez bon pour que je puisse le lire. J'espère que ma femme pourra me le raconter!

Le volume 12 contient les épisodes cinq et six. L'épisode 5, qui suit le Major Victor Clement de Girodelle (l'autre amoureux d'Oscar, qui lui fit une proposition de mariage), est paru en deux parties: une première partie de trente-sept page dans le Margaret #22 (publié le 20 octobre 2014) et une seconde partie de trente-trois pages dans le Margaret #23 (publié le 5 novembre 2014), chacune comportant cinq pages en couleurs. L'épisode 6 a lui aussi été publié en deux partie: l'une dans le Margaret #8 (publié le 20 mars 2015) et l'autre dans le Margaret #9 (publié le 4 avril 2015) totalisant une centaine de pages. Cet épisode nous révèle le secret de la naissance d'Oscar (en révélant comment ses parents se sont rencontré)!

???????? 12 (Versailles no bara 12 / La rose de versailles vol. 12), par Riyoko Ikeda. Tokyo: Shueisha (collection Margaret), juillet 2015. 216 pgs, 7.1 x 5 x 0.9 inches, ? 745 ($9.00 Cnd), ISBN: 978-4088454092. Recommandé pour public adolescent (12+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

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Elle s’appelait Tomoji

“L’histoire vraie d’une rencontre signée Taniguchi

“Taniguchi met ici en scène la rencontre entre deux adolescents dans le Japon de l’entre-deux guerres (1925-1932). Tomoji vit dans la campagne au nord du mont Fuji, tandis que Fumiaki fait ses premiers pas de photographe à Tokyo. L’auteur nous fait découvrir avec sa sensibilité habituelle ce qui va unir ces personnages.”

“Une histoire inspirée de personnages réels qui fonderont par la suite une branche dérivée du bouddhisme.”

[Texte du site de l'éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Elle s'appelait Tomoji (intitulé simplement ????? [ Tomoji ] en japonais) est le fruit d'une commande de la part du temple bouddhiste fréquenté par Jirô Taniguchi et son épouse. L'histoire est d'abord parue dans le bulletin trimestrielle de la secte Shinnyo-En avant d'être publié chez Futabasha en août 2014. La traduction française n'a pas tardé à paraître en janvier 2015 chez un jeune éditeur appartenant au groupe de l'école des loisirs, Rue de Sèvres, qui avait déjà publié Giacomo Foscari de Mari Yamazaki en septembre 2013 ainsi que Cet été-là par Mariko et Jillian Tamaki (une BD par des nord-américaines d'origine japonaise) en mai 2014.

Dans l'interview inclut à la fin de l'ouvrage, Taniguchi nous explique que Shinnyo-En désirait “valoriser ce qui fait la particularité de ce temple, et notamment mieux faire connaître la personnalité et le parcours de sa créatrice, Tomoji Uchida.” Taniguchi n'avait cependant pas l'intentsion de se lancer dans un travail hagiographique, car de simples anecdotes biographiques sont insuffisant pour bâtir une histoire accrocheuse. Pour ce faire il était nécessaire d'y introduire des éléments fictifs. Il décida de se concentrer sur la vie de Tomoji avant la création du temple en privilégiant “le parcours de vie qui a façonné la personnalité de Tomoji, et qui l'a conduite à choisir la voie de la spiritualité.”

Ayant un emploi du temps plutôt chargé et étant peu familier avec ce genre de récit et la période, Taniguchi a décidé de faire appel à une scénariste professionnelle, Miwako Ogihara. Il admet volontiers qu'avec les années il produit des mangas qui offrent moins d'action et de passion, comme ce fut le cas pour Blanco ou Le sommet des dieux, par exemple, et plus de subtilités et de douceurs. Dans le cas de Elle s'appelait Tomoji, il trouvait particulièrement important que l'intrigue se déroule d'une “façon calme et précise”.

Taniguchi nous raconte donc divers moments marquants de la vie de Tomoji Uchida. Chapitre I: Elle s'appelait Tomoji; 1925 (Taishô 14). Tomoji a 13 ans et revient de l'école en flânant. Pendant ce temps, Fumiaki Itô, 19 ans, arrive au village pour photographier, à la demande de sa mère, la grand-mère de Tomoji, Kin Uchida (67 ans)—dont il est le petit-fils de la soeur ainé. Tomoji arrive tard et elle croise Fumiaki sur la route mais sans le rencontrer. Le 9 mai 1912 (dernière année de l'ère Meiji) nait Tomoji par une nuit orageuse.

Chapitre II: Des jours heureux; Mai 1913 (Taishô 2): Pour l'anniversaire de Tomoji, toute la famille se rends chez le photographe de Nirasaki, à vingt kilomètres de Takane. Août 1914 (Taishô 3): sa petite soeur, Masaji, vient au monde. Décembre 1916 (Taishô 4): son père, Yoshihira, meurt d'une péritonite aigüe due à une appendicite.

Chapitre III: La séparation; janvier 1919 (Taishô 8): les enfants travaillent à l'épicerie de la famille; la mère, maintenant veuve, retourne dans sa famille à Gochôda. Elle sera élevé par sa grand-mère et son grand (demi-)frère, Toyô. En avril, Tomoji rentre à l'école primaire Jinjô à Nagasawa. Elle doit marché, seule, plus d'une heure pour s'y rendre. Au retour elle doit aider aux travaux ménagers et au magasin. Printemps 1921 (Taishô 10): Masaji entre aussi à l'école, ce qui fait que Tomoji ne marche plus seule. Masaji est souvent malade. Décembre 1921: la fièvre de Masaji empire et elle doit rester alité plusieurs jours. Janvier 1922 (Taishô 11): Masaji meurt de la fièvre.

Chapitre IV: Le ciel, au loin; avril 1923 (Taishô 12): Tomoji va en excursion avec sa classe.e Elle démontre beaucoup de compassion et d'entraide pour ses amis et sa famille. Été 1923 (Taishô 12): Tomoji est bien organisé et débrouillarde dans son travail. Sa famille mène une vie simple mais sereine. 1er septembre 1923 (Taishô 12): c'est le grand tremblement de terre de la région du Kantô et un vaste incendie ravage Tokyo. Fumiaki, qui vit maintenant à Tokyo, assiste de près à la catastrophe. Été 1924 (Taishô 13): Tomoji travaille aux champs avec sa grand-mère. Le travail est dur mais “après les difficultés… il y a toujours quelque chose d'heureux qui arrive.” Pendant ce temps, Tokyo se reconstruit et Fumiaki apprend l'anglais.

Chapitre V: Le voyage; mars 1925 (Taishô 14): il est décidé que Tomoji poursuivra ses études à l'école supérieure. Elle doit marcher trois kilomètre sur un chemin de montagne pour aller en classe, où elle excelle en toute matière dont le chant. Elle est nommé déléguée de classe. Été 1930 (Shôwa 5): un mariage est arrangé pour Toyô. La grand-mère, qui travaille encore au champs, au magasin et dit des prières pour les voisins malades, commence à avoir des problèmes de santé et meurt à 72 ans. A ses funérailles, le 1er septembre 1930, “Tomoji se souvient de sa grand-mère, attentive aux problèmes que lui racontaient les gens pour pouvoir les aider.” À l'automne c'est le marriage de Toyô. Tomoji décide de quitter la maison pour aller à l'école de couture de kimonos à Kôfu. Elle part en janvier 1931 (Shôwa 6). Elle a 18 ans.

Chapitre VI: Le printemps est arrivé; janvier 1931: de sept heures du matin à minuit, Tomoji passe tout son temps à la couture, puis aux travaux ménagers. Son seul moment de repos c'est celui du repas. Janvier 1932 (Shôwa 7): elle retourne à la maison pour visiter son frère et sa femme qui est enceinte. Elle y apprend qu'elle a une proposition de mariage: il s'agit de Fumiaki Itô de Minami-Arai. C'est un bon prospect car il travail dans une société de construction d'avion à Tokyo. Il est aussi de retour dans sa famille pour les fêtes du nouvel an. Mais avant qu'elle aille se présenter à sa famille, Fumiaki et son frère viennent faire une visite surprise. Quelques jours plus tard, Tomoji se rends avec sa tante à Minami-Arai pour rencontrer la famille de Fumiaki. Elle y fait bonne impression grâce à la bonne éducation qu'elle a reçu de sa grand-mère. Elle est adroite et économe: “Le riz est le résultat de beaucoup de travail (…) il ne faut pas en gaspiller le moindre grain.” De sa grand-mère elle dit aussi qu'elle “était sincèrement dévouée aux autres.” Le jeune couple promet de s'écrire et chacun retourne à son travail.

En Mars, Tomoji reçoit une lettre de sa tante pour lui annoncer qu'elle a reçu le consentement officiel de madame Yoshi Itô pour le mariage. Elle écrit aussitôt à Fumiaki pour lui dire qu'elle est prête à partir dès qu'il viendra la chercher. Il vient aussitôt et ils repartent pour Tokyô. Comme il n'est pas le successeur de la famille et qu'elle n'a pas de dot, ils décident qu'ils peuvent se passer de cérémonie de mariage. En avril, ils s'installent dans un appartement près de la gare de Tachikawa. Ils organisent un petit banquet pour célébrer leur union. Tomoji veux vivre simplement, et construire une famille avec des enfants “dont les rires animent la maison”. Pour la première fois depuis la mort de son père, Tomoji est heureuse et sereine. Elle a le sentiment qu'elle doit beaucoup à sa grand-mère…

Dans Elle s'appelait Tomoji, on retrouve avant tout le superbe style graphique de Taniguchi — clair, précis, détaillé, avec quelques belles pages en couleurs — ainsi que le même genre de récit que pour Le Journal de mon père. Toutefois l'on sent qu'il y manque quelque chose et que le récit n'a pas vraiment d'âme. Le sujet était pourtant prometteur mais Taniguchi (et/ou la scénariste) a échoué dans sa tentative d'en faire un récit captivant. C'était probablement un projet trop ambitieux et Taniguchi a essayé de couvrir trop d'année en un petit nombre de pages ce qui en fait un récit beaucoup trop anecdotique. C'est un très beau manga, et malgré la volonté d'en apprendre plus sur ce personnage intéressant, la lecture n'en est cependant pas satisfaisante. C'est donc un manga très décevant, ce qui est rare dans le cas de Taniguchi.

Elle s'appelait Tomoji, scénario: Jirô TANIGUCHI et Miwako Ogihara, dessin: Jirô TANIGUCHI. Paris: Rue de Sèvres, janvier 2015. 174 pgs, 18.5 x 25.5 cm, 17 € / $31.95 Can, ISBN: 9782369811312. Recommandé pour public adolescent (12+). Un extrait peut être consulté sur le site de l'éditeur.

Pour plus d'information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

Elle s'appelait Tomoji © Jirô Taniguchi / Miwako Ogihara, 2014. Traduction française © Rue de Sèvres, Paris, 2015.

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Découverte: trois nouveaux Taniguchi

Cette semaine, en feuilletant le catalogue des bibliothèques de Montréal, j'ai fait la découverte de trois nouveaux manga de Jirô Taniguchi qui avaient échappé à mon attention jusque là: il s'agit de Les Gardiens du Louvre (que j'ai déjà commenté tout récemment), du volume 2 de Contrées Sauvages (que j'avais annoncé déjà en juillet de l'an dernier) et finalement, le plus nouveau de tous, Elle s'appelait Tomoji.

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Les Gardiens du Louvre

Résultat d'un projet spécial, coédité par Futuropolis et Louvre Éditions, où des artistes de BD s'inspirent des oeuvres du Louvre, cette bande-dessinée de Taniguchi nous offre des planches superbement détailées et colorées.

“(…) un dessinateur japonais fait étape en solitaire à Paris, dans l’idée de visiter les musées de la capitale. Mais, cloué au lit de sa chambre d’hôtel par une fièvre insidieuse, il se trouve confronté avant tout à une forme de solitude absolue (…). Alors que le mal lui laisse quelque répit, il met son projet à exécution, et se perd dans les allées bondées du Louvre (…) oscillant entre rêve et réalité, qui le mènera pour finir à la croisée des chemins entre tragédie collective et histoire personnelle.”

Les Gardiens du Louvre, par Jiro TANIGUCHI (Traduction: Ilan Nguyên). Paris, Futuropolis / Louvre Éditions, novembre 2014. 23.0 x 32.5 x 1.7 cm, 136 pg., album couleur et cartonné, 20,00 € / $37.95 Can. Sens de lecture original japonais. ISBN: 9782754810159. Recommandé pour public adolescent (12+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

Les contrées sauvages 2

“Au milieu d’une nature aussi cruelle que ses paysages sont sublimes et les créatures qui la peuplent sont hostiles, l’homme est la proie de tout, et surtout de lui-même. Véritable périple à travers les grands espaces, des montagnes japonaises aux étendues de l’Ouest américain, cette anthologie n deux tomes donne à voir une facette encore méconnue en France de l’oeuvre de Taniguchi : l’époque où, nourri de bande dessinée européenne, il s’essayait avec succès à la BD de genre en y insufflant ce qui est aujourd’hui encore sa marque de fabrique : un immense talent de raconteur d’histoires.”

Les Contrées Sauvages vol. 2, par Jirô TANIGUCHI. Paris: Casterman (collection Sakka), janvier 2015. 264 pgs, 15 x 21.4 x 2.2 cm, 13.95 € / $26.95 Can, ISBN: 9782203084445. Recommandé pour public adolescent (14+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

Elle s'appelait Tomoji

“L'histoire vraie d'une rencontre signée Taniguchi

“Taniguchi met ici en scène la rencontre entre deux adolescents dans le Japon de l’entre-deux guerres (1925-1932). Tomoji vit dans la campagne au nord du mont Fuji, tandis que Fumiaki fait ses premiers pas de photographe à Tokyo. L’auteur nous fait découvrir avec sa sensibilité habituelle ce qui va unir ces personnages.”

“Une histoire inspirée de personnages réels qui fonderont par la suite une branche dérivée du bouddhisme.”

[Texte du site de l'éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Elle s'appelait Tomoji , scénario: Jirô TANIGUCHI et Miwako Ogihara, dessin: Jirô TANIGUCHI. Paris: Rue de Sèvres, janvier 2015. 174 pgs, 18.5 x 25.5 cm, 17 € / $31.95 Can, ISBN: 9782369811312. Recommandé pour public adolescent (12+).

Extraits des pages 3 à 8


Un extrait plus long peut être consulté sur le site de l'éditeur
Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

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Les Gardiens du Louvre

“Au terme d’un voyage collectif en Europe, un dessinateur japonais fait étape en solitaire à Paris, dans l’idée de visiter les musées de la capitale. Mais, cloué au lit de sa chambre d’hôtel par une fièvre insidieuse, il se trouve confronté avant tout à une forme de solitude absolue, celle des souffrants en terre étrangère, privés de tout recours immédiat au coeur de l’inconnu. Alors que le mal lui laisse quelque répit, il met son projet à exécution, et se perd dans les allées bondées du Louvre. Très vite, il va découvrir bien des facettes insoupçonnées de ce musée-monde, à la rencontre d’oeuvres et d’artistes de diverses époques, au cours d’un périple oscillant entre rêve et réalité, qui le mènera pour finir à la croisée des chemins entre tragédie collective et histoire personnelle.”

“Avec cet album en forme de voyage intérieur, Jirô Taniguchi nous invite à une traversée temporelle et artistique à la découverte d’un esprit des lieux, sous la houlette de quelques figures tutélaires, familières ou méconnues... Car le Louvre a ses gardiens.”

[ Texte du site de l'éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

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Quelle ne fut pas ma joie cette semaine de découvrir en bibliothèque un nouveau manga de Jir? Taniguchi ! Les Gardiens du Louvre (????????? / Chitose no tsubasa, hyaku n'en no yume / lit. “Mille ans d'aile, cent ans de rêve”) a d'abord été prépublié au Japon dans le #19 du magazine Big Comic Original (Oct. 2014). La traduction française est coédité par Futuropolis et Musée du Louvre Éditions dans le cadre d'un projet spécial où une douzaine d'auteurs (dont Enki Bilal, Hirohiko Araki, Éric Liberge, Nicolas de Crécy et Marc-Antoine Mathieu) ont produit une BD en s'inspirant d'oeuvres du Louvre.

Taniguchi aurait passé plusieurs semaines au musée en mai 2013 pour y faire de la recherche et des croquis en prévision de cette collaboration spéciale. Tout comme il l'a déjà fait avec La montagne magique (2006) et Mon année (2009), Taniguchi a conçu dès le départ cette ouvrage en couleurs et en grand format ce qui fait que Les Gardiens du Louvre nous apparait plus comme une bande-dessinée qu'un manga. Ce n'est pas surprenant puisque, son travail étant une commande du musée, il s'avait qu'il s'adressait avant tout à un public européen — et cela malgré qu'il ait d'abord été publié au Japon et que même la version française reste dans le sens de lecture japonais. [ci-contre: page 3]

Le récit est divisé en quatre chapitres et un épilogue. Chapitre 1: Les Gardiens du Louvre. En mai 2013, un dessinateur japonais décide de passer quelques jours à Paris après le salon international de la BD de Barcelone. Son plan était de visiter quelques musées mais la fatigue et le décalage horaire le laissent avec un mauvais rhume. Le lendemain, après une nuit de sommeil réparateur, il se sent un peu mieux et decide de s'attaquer au Louvre, qu'il trouve bondé. Après un moment dans la foule il est pris de vertiges, puis se retrouve dans une salle vide. La foule est parti et il fait la rencontre d'une dame en costume d'époque qui se dit être l'un des gardiens du Louvre, les esprits qui habitent les pièces exposées et protègent les lieux. Ainsi, dans les limbes oniriques de son imagination, elle lui sert de guide à travers le musée: de la Joconde au système de climatisation, de l'antiquité au 19e siècle. À la fin, il lui demande qui elle est et elle réponds: “la victoire… de Samothrace!”

Chapitre 2: La forêt de Corot. Se rappelant avoir lu un texte de Tokutomi Roka qui disait que Corot était “le poète le plus libre de tous les peintres de paysage” notre personnage décide de consacrer sa deuxième journée au Louvre à la peinture française. Il parvient finalement à la salle dédié à Jean-Baptiste Camille Corot et y fait le rencontre d'un peintre japonais, Asai Chû, qui, après avoir un peu parlé de lui-même, guide notre personnage dans la forêt à dessins de Corot, où il aperçoit le maître en personne.

Chapitre 3: Le jardin de Daubigny. Pour le troisième jour, notre personnage sort de Paris pour se rendre à Auvers-sur-Oise, le dernier endroit où vécut Vincent Van Gogh. Évidemment il rencontre le maître avec qui il discute peinture. En voyant l'esquisse que Van Gogh avait fait pour “Le jardin de Daubigny”, il s'y retrouve et visite la maison du peintre. Après s'être rendu sur la tombe des frères Van Gogh, il retourne à Paris. Le lendemain, il retourne au Louvre pour voir les toiles de Daubigny et il reparle à la Victoire de Samothrace.

Chapitre 4: Paris, 1939. C'est maintenant mardi et le Louvre est fermé. Notre personnage décide donc d'aller au Musée d'Orsay, mais la Victoire l'amène plutôt pendant la Deuxième Guerre Mondiale et elle lui explique comment Jacques Jaujard, directeur des musées nationaux, organise l'évacuation des oeuvres du Louvre afin de les soustraire au pillage des Nazies. Il croise au détour Saint-Exupéry. C'est sans doute l'histoire la plus intéressante de l'album.

Épilogue: Voyageur en un sanctuaire séculaire. Dernier jour à Paris et notre personnage se rend au Louvre pour un dernier coup d'oeil. Cette fois il visite les salles dédiées à la sculpture. Il y fait la rencontre de sa défunte épouse, disparue deux ans plus tôt dans une “catastrophe” (ici brève allusion au séisme et tsunami de mars 2011 sur la côte Pacifique du T?hoku). Il lui avait promis qu'ils visiteraient le Louvre ensemble un jour…

Avec cet hommage au Louvre, Taniguchi est fidèle à lui même et nous offre une fois de plus son thème favori de la déambulation nostalgique et contemplative, cette fois dans une sorte de délire onirique, et toujours cette touche pseudo autobiographique. La grande qualité de cet album est qu'il nous offre des planches superbement détailées et colorées. C'est une très belle histoire mais qui reste malgré tout un peu trop légère. En effet, le récit manque un peu de profondeur. Toutefois Les Gardiens du Louvre demeure tout de même une excellente lecture.

Extraits des pages 4, 5 et 12

Un extrait des vingt premières pages peut aussi être consulté sur le site de BDGest.com
Les Gardiens du Louvre, par Jiro TANIGUCHI (Traduction: Ilan Nguyên). Paris, Futuropolis / Louvre Éditions, novembre 2014. 23.0 x 32.5 x 1.7 cm, 136 pg., album couleur et cartonné, 20,00 € / $37.95 Can. Sens de lecture original japonais. ISBN: 9782754810159. Recommandé pour public adolescent (12+).

Pour plus d'information vous pouvez consulter les sites suivants:

Les Gardiens du Louvre © Futuropolis / Musée du Louvre Éditions 2014.

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Découverte: Les contrées sauvages

L’auteur de Quartier lointain nous propose un périple à travers les grands espaces.

“Au milieu d’une nature cruelle et ses créatures hostiles, l’homme est la proie de tout, et surtout de lui-même.”

“Dans cette anthologie en deux tomes, nous découvrons une facette encore méconnue en France de l’oeuvre de Taniguchi : l’époque où, nourri de bande dessinée européenne, il s’essayait à la BD de genre en y insufflant ce qui est aujourd’hui encore sa marque de fabrique : un immense talent de raconteur d’histoires.”

(Texte du site de l'éditeur)

Animeland nous apprend qu'un nouveau manga de Jirô Taniguchi devrait paraître en France cette automne!

Il s'agit de Les Contrées Sauvages (???? / K?ya yori / From Wilderness) une anthologie de onze histoires publiée au Japon en 2012 par Kobunsha — incluant “Nazuke enu mono” [??????? / Innommable] préalablement publié en 2010 par Kodansha dans Comic Box Amasia, ainsi que “K?ya o ayume” [????? / Le désert d'Ayume], “Rongunaifu” [?????? / Long couteau], “???” [?], “Geronimo” [?????], “Mori e” [?? / Vers la forêt], “Tsuki ni hoeru” [????? / Hurlant à la lune], “Saketa h?k?” [????? / Hurlemant déchiré], “Y?kara no mori” [?????? / La forêt de Yukar], “ Taka” [? / Le Faucon] et “Irataka no juzu” [??????? / Le Rosaire d'Irataka].

La version française devrait paraître chez Casterman (collection Sakka) en deux volumes dont le premier sortira en septembre.

Les Contrées Sauvages vol. 1, par Jirô Taniguchi. Paris: Casterman (collection Sakka), septembre 2014. 240 pgs, 13.95 €, ISBN: 9782203084438.

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